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Assemblée Générale Ordinaire

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En France, une association ayant pour objet l’exercice d’un culte peut adopter le statut particulier d’association cultuelle, régi par la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, en complément de la loi du 1er juillet 1901 sur les associations. Ce statut ouvre des avantages fiscaux spécifiques, en échange d’obligations renforcées.

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Cadre légal

La loi du 9 décembre 1905

Elle pose la séparation des Églises et de l’État et garantit la liberté de culte, tout en excluant tout financement public des cultes.

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes… » — Article 1er, loi du 9 décembre 1905

Son article 18 définit l’association cultuelle comme devant être constituée selon la loi de 1901, tout en respectant les règles propres à la loi de 1905 (objet exclusivement cultuel, limites territoriales déclarées, nombre minimal de membres selon la taille de la commune, interdiction de subvention publique).

La loi du 1er juillet 1901

Elle fixe le régime commun des associations : déclaration en préfecture, publication au Journal officiel, personnalité juridique à compter du récépissé. Une association cultuelle y est soumise comme toute association, avant d’y ajouter les règles de 1905.

À distinguer :
  • Association loi 1901 « classique » : peut avoir une activité cultuelle parmi d’autres (enseignement, social…), sans les avantages fiscaux spécifiques au culte.
  • Association « mixte » (souvent loi de 1907 ou statut combiné) : regroupe une activité cultuelle et d’autres activités (caritative, culturelle), avec une comptabilité distincte requise pour la partie cultuelle.
  • Association cultuelle loi 1905 : objet exclusivement religieux, seule à bénéficier pleinement des avantages fiscaux de la loi de 1905.

Créer et déclarer son association cultuelle

  1. Déclaration initiale à la préfecture du siège (comme toute association loi 1901), statuts joints, publication au Journal officiel.
  2. Déclaration de la « qualité cultuelle », démarche distincte et complémentaire, pour accéder aux avantages propres à la loi de 1905 (dons défiscalisés, exonérations). Elle se fait en ligne ou par courrier auprès de la préfecture.
  3. Le préfet dispose de deux mois pour s’opposer à la déclaration ; passé ce délai sans opposition, la qualité cultuelle est acquise.
  4. Depuis la loi du 24 août 2021, cette qualité doit être renouvelée tous les 5 ans, et le préfet peut la retirer si l’association ne respecte plus les exigences de 1905 ou trouble l’ordre public.
  5. Toute association cultuelle ou mixte doit communiquer à la préfecture la liste de ses lieux de culte, et la mettre à jour (délai de 3 mois en cas de changement).

Gouvernance et fonctionnement interne

  • Membres : il faut au moins 7 membres majeurs domiciliés dans la circonscription religieuse pour une commune de moins de 1 000 habitants, 15 pour 1 000 à 20 000 habitants, et 25 au-delà. Si l’effectif repasse sous ce seuil, une nouvelle liste doit être déclarée sous 3 mois.
  • Assemblée générale annuelle obligatoire : elle approuve chaque année les actes de gestion financière et d’administration des biens pris par les dirigeants, quelle que soit la rédaction des statuts.
  • Fonctionnement collégial : les statuts doivent soumettre certains actes (nouvelles adhésions, modifications statutaires, cessions, recrutement des ministres du culte) à la délibération d’un organe collégial, et non à une seule personne.
  • Inventaire annuel des biens mobiliers et immobiliers, et transmission possible des procès-verbaux d’assemblée à l’administration sur demande.
  • Ministre du culte : peut être salarié par l’association cultuelle elle-même (c’est l’un des rares cas de « salariat du culte » compatible avec la loi de 1905, puisque c’est l’association, pas l’État, qui rémunère).

Fiscalité et obligations comptables

  • Dons déductibles : les particuliers et entreprises qui donnent à une association cultuelle bénéficient d’une réduction d’impôt (régime des articles 200 et 238 bis du code général des impôts).
  • Exonérations : sous conditions, exonération de taxe foncière sur les édifices du culte, et d’impôts commerciaux pour les activités strictement cultuelles.
  • Comptes séparés : au-delà de 153 000 € de dons annuels, dépôt obligatoire des comptes ; une association mixte doit isoler comptablement sa partie cultuelle.
  • Financements étrangers : depuis 2021, tout don de l’étranger supérieur à 10 000 € doit être déclaré ; un état séparé des financements étrangers doit être tenu, pour toutes les associations cultuelles et mixtes.
  • Reçus fiscaux : les organismes qui délivrent des reçus ouvrant droit à réduction d’impôt doivent déclarer chaque année à l’administration fiscale le montant global des dons reçus.

Biens, legs et immobilier

  • Exonération de taxe foncière sur les édifices affectés au culte et leurs dépendances immédiates (article 1382-4° du code général des impôts).
  • Exonération des droits de mutation à titre gratuit pour les dons et legs reçus par l’association cultuelle (article 795-10° du même code).
  • Acceptation d’un legs ou d’une donation : possible librement, sous réserve d’un droit d’opposition du préfet dans un délai fixé par décret.
  • Mise à disposition de biens communaux : une commune peut mettre un terrain ou un bâtiment à disposition d’une association cultuelle pour une durée allant jusqu’à 99 ans ; l’édifice construit revient ensuite à la collectivité.
  • Une association cultuelle ne peut acquérir que les immeubles nécessaires à son objet (lieux de culte, logement des ministres du culte, formation) — pas d’investissement immobilier sans lien avec le culte.

Construire ou rénover un édifice du culte

  • Permis de construire : pour un édifice du culte ouvert au public, seul le maire peut le délivrer, et seules les associations cultuelles loi 1905 (pas une simple association loi 1901) peuvent en bénéficier pour ce type de bâtiment.
  • Bail emphytéotique administratif (BEA) cultuel : une commune peut louer un terrain à très long terme à une association cultuelle pour qu’elle y construise un lieu de culte — un montage validé par le Conseil d’État, à condition de traiter tous les cultes de façon égale.
  • Monuments historiques : les travaux sur un édifice classé ou inscrit nécessitent une autorisation du préfet de région ou du ministre de la Culture, et l’avis du conservateur des monuments historiques.
  • Accessibilité (PMR) : la loi handicap de 2005 s’applique aux lieux de culte comme à tout ERP. Depuis 2021, une exception à la loi de 1905 permet exceptionnellement des subventions publiques spécifiquement pour les travaux d’accessibilité aux personnes handicapées.
  • Entretien et réparation : une collectivité publique peut financer l’entretien, la conservation et la réparation d’un édifice du culte, que celui-ci lui appartienne ou appartienne à une association cultuelle (articles 13 et 19 de la loi de 1905).

Assurance

  • Responsabilité civile : fortement recommandée pour toute association, et obligatoire dès lors qu’elle accueille des mineurs ou organise des activités à risque (sportives, séjours, soins). Elle couvre les dommages causés à des tiers par l’association, ses dirigeants, salariés et bénévoles.
  • Assurance des bénévoles : la responsabilité civile de l’association indemnise aussi les dommages subis par un bénévole dans le cadre de son activité.
  • Assurance des locaux et du bâtiment : couvre incendie, dégâts des eaux, vol — essentielle pour un édifice de culte, souvent ancien et de grande valeur patrimoniale.
  • Responsabilité civile des dirigeants : une garantie distincte, utile en cas de faute de gestion engageant personnellement un dirigeant.
  • En cas d’incendie de l’édifice, la responsabilité civile de l’association peut être engagée s’il est démontré une faute, négligence ou imprudence dans son entretien.

Organiser un événement

  • Autorisation de la mairie requise pour toute manifestation exceptionnelle (concert, kermesse, rassemblement important), en plus des règles de sécurité habituelles.
  • Buvette sans alcool (boissons du groupe 1 : eau, jus, café…) : libre, sans autorisation.
  • Buvette temporaire avec alcool léger (groupe 3 : bière, vin, cidre) : demande d’autorisation au maire au moins 15 jours avant, limitée à 5 autorisations par an par association. Un débit permanent nécessite en revanche une vraie licence.
  • Zones de protection : le maire peut refuser l’autorisation à proximité de certains lieux sensibles, qui incluent justement les édifices et lieux de culte — un point à vérifier si l’événement se tient tout près d’un autre lieu de culte.
  • Pot entre adhérents (buvette réservée aux membres) : aucune démarche particulière.

Personnel et bénévolat

  • Ministre du culte : relève d’un régime social à part, la Cavimac, et non du régime général des salariés, dès lors qu’il n’exerce pas une autre activité professionnelle couverte ailleurs. Les cotisations sont calculées sur une base forfaitaire (le SMIC), quel que soit le montant réel versé — l’association est donc dispensée des charges propres aux salariés (médecine du travail, formation continue…).
  • Salarié classique (secrétaire, employé d’entretien…) : relève du droit du travail et du régime général comme dans toute association, avec contrat de travail, bulletin de paie et cotisations URSSAF habituelles.
  • Bénévoles : aucun lien de subordination, pas de rémunération (seul le remboursement de frais réels est possible) ; c’est l’assurance responsabilité civile de l’association qui les couvre (voir plus haut).

Protection des mineurs dans les activités

Catéchisme, groupes de jeunes, camps ou sorties : dès qu’une activité encadre des mineurs de façon récurrente, la vigilance sur l’honorabilité des intervenants (salariés comme bénévoles) s’impose, en plus de l’obligation de signalement déjà vue dans la rubrique Victimes d’abus.

  • Bulletin n° 3 du casier judiciaire : c’est celui que l’association peut demander à un bénévole, qui le récupère lui-même et le transmet. Il ne contient que les condamnations les plus graves.
  • Bulletin n° 2 : plus complet, réservé par la loi à certaines structures précises (accueils collectifs de mineurs déclarés, établissements médico-sociaux…) — une simple association religieuse ne peut en général pas l’exiger elle-même.
  • Pour un accueil collectif de mineurs déclaré (colonie, séjour, centre de loisirs), un contrôle systématique du bulletin n° 2, du fichier FIJAISV (auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) et de la liste Cadint est obligatoire pour tous les encadrants, bénévoles compris.
  • Bonnes pratiques recommandées même hors obligation légale stricte : deux adultes minimum par activité, locaux visibles, charte de bonne conduite signée par les intervenants.

Données personnelles (RGPD)

Les convictions religieuses sont une catégorie de données considérées comme sensibles par le RGPD, comme la santé ou les opinions politiques : leur traitement est interdit par principe, sauf exceptions.

  • Exception applicable aux cultes : une association à objet religieux peut traiter ces données sensibles pour ses propres membres (listes de paroissiens, baptêmes, dons…), sans déclaration spécifique à la CNIL, à condition que cela corresponde strictement à son objet et ne concerne que ses membres et correspondants.
  • Hors de ce cercle (communication vers l’extérieur, fichiers plus larges), les règles habituelles du RGPD s’appliquent pleinement : information des personnes, registre des traitements, durée de conservation limitée, sécurité des données.
  • Droit à l’effacement : le Conseil d’État a jugé qu’une Église n’est pas tenue de supprimer entièrement un acte historique (comme un baptême), une mention de sortie du registre pouvant suffire à répondre au droit d’opposition de la personne.
  • Désigner un référent ou délégué à la protection des données est une bonne pratique, même sans obligation stricte pour une petite structure.

Dissolution et devenir des biens

La dissolution peut être volontaire (décision de l’assemblée générale extraordinaire), statutaire (terme prévu dans les statuts) ou judiciaire. Elle entraîne une liquidation : un ou plusieurs liquidateurs sont désignés pour régler les dettes et établir l’actif net restant.

  • L’assemblée générale fixe librement la dévolution de l’actif net, le plus souvent vers une autre association cultuelle ou de même objet.
  • Pour les biens qui avaient été attribués à l’association par l’État lors de la loi de 1905 elle-même (patrimoine historique des cultes), un régime particulier s’applique : ils reviennent à une association analogue de la même circonscription, ou à défaut à un établissement de bienfaisance.
  • En l’absence de toute décision, le patrimoine restant est dévolu à l’État.
  • Les membres ne peuvent récupérer que leurs apports initiaux, jamais une part de l’actif résiduel.

Particularité Alsace-Moselle : le régime concordataire local (droit local issu d’avant 1918) dispense les cultes reconnus d’une déclaration de qualité cultuelle auprès du préfet — un cadre différent, à vérifier spécifiquement si l’association y a son siège.

Évolutions récentes

Loi du 24 août 2021 « confortant le respect des principes de la République »

Dite loi « séparatisme », elle a renforcé le contrôle des associations cultuelles : renouvellement quinquennal de la qualité cultuelle, déclaration des dons étrangers, obligations comptables renforcées, et extension de l’interdiction des réunions politiques dans les lieux de culte à leurs dépendances.

Loi du 10 mai 2024 contre les dérives sectaires

Elle crée un délit de placement ou maintien en état de sujétion psychologique ou physique, ainsi qu’un délit de provocation à l’abandon de soins médicaux — des outils qui peuvent concerner des groupes religieux basculant vers l’emprise sectaire. Les signalements à la Miviludes ont fortement augmenté ces dernières années, tous domaines confondus (cultes, santé, coaching…).

Ressources officielles (liens directs)

Ces liens mènent aux pages gouvernementales elles-mêmes — vous y voyez donc toujours la version actuellement en vigueur, sans dépendre d’une mise à jour de cette page.

Loi du 9 décembre 1905 — texte intégralLégifrance ↗
Loi du 1er juillet 1901 — texte intégralLégifrance ↗
Loi n° 2021-1109 du 24 août 2021Légifrance ↗
Fiche pratique « Association cultuelle »Service-public.fr ↗
Déclarer la qualité cultuelle (démarche en ligne)interieur.gouv.fr ↗
Dossier « L’État mobilisé contre les dérives sectaires »interieur.gouv.fr ↗
Décret du 16 mars 1906 (biens, édifices, dissolution)Légifrance ↗
Règlement de sécurité ERP, type V « Établissements de culte »Légifrance ↗
Guide CNIL « Sensibilisation au RGPD pour les associations »cnil.fr ↗
Cavimac — sécurité sociale des cultescavimac.fr ↗

Astuce : enregistrez cette page en favori et revenez cliquer sur ces liens périodiquement — c’est la façon la plus fiable de rester à jour sur un sujet qui évolue (dernière loi en date : mai 2024).

🛟 Protection des personnes et signalement d'abus

Une communauté religieuse n’échappe à aucune des obligations de droit commun en matière de protection des personnes. Toute personne — pas seulement les ministres du culte — qui a connaissance de mauvais traitements, de privations ou d’atteintes sexuelles envers un mineur ou une personne vulnérable, a l’obligation légale de le signaler aux autorités.

Ne pas informer les autorités de privations, mauvais traitements ou atteintes sexuelles connus sur un mineur est lui-même puni par la loi. — sur le fondement de l’article 434-3 du code pénal (jusqu’à 5 ans d’emprisonnement si la victime a moins de 15 ans)

Numéros et plateformes nationales

119 — Enfance en danger : numéro national gratuit, anonyme, 24h/24 et 7j/7, pour tout enfant en danger ou risque de l’être.

3919 — Violences Femmes Info : écoute et orientation, gratuit, 7j/7.

Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) : pour signaler une emprise ou une dérive sectaire, y compris dans un cadre religieux.
miviludes.interieur.gouv.fr ↗

Urgence immédiate : police/gendarmerie au 17, ou 112 (numéro d’urgence européen).

Spécifique aux abus en contexte ecclésial (exemple catholique)

Des dispositifs existent au sein des institutions religieuses elles-mêmes, mais ils ne remplacent jamais une plainte auprès de la justice. À titre d’exemple pour l’Église catholique en France :

  • CIASE (commission indépendante créée à la demande de l’Église, pas un organisme d’État) : service d’écoute pour les victimes ou témoins d’abus commis par un prêtre ou un religieux.
  • INIRR : instance de reconnaissance et réparation pour les victimes de clercs diocésains.
  • De nombreux diocèses disposent d’une cellule d’écoute locale.

Chaque culte, dénomination ou paroisse a ses propres dispositifs internes : renseignez-vous directement auprès de l’instance nationale de votre confession si besoin. Les numéros nationaux ci-dessus restent valables quel que soit le culte concerné.

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